
A seulement 21 ans, Yvette est devenue une jeune entrepreneure respectée dans le domaine de la soudure à Nyamirambo. Aujourd’hui propriétaire de son propre atelier et employeuse de plusieurs jeunes, elle incarne la preuve vivante qu’une formation professionnelle peut transformer une vie.
“Grâce à ce métier, j’ai retrouvé ma dignité et la capacité de soutenir ma famille”, confie-t-elle avec fierté.
Née en 2006, Yvette est la troisième et dernière enfant de sa famille. Son enfance a été marquée par de nombreuses difficultés financières. Après avoir échoué aux examens du tronc commun, elle n’a pas pu poursuivre ses études secondaires. Comme beaucoup de jeunes confrontés à la précarité, elle s’est retrouvée sans perspective claire d’avenir. “Je suis restée à la maison, sans savoir ce que j’allais devenir”, se souvient-elle.
Son destin a commencé à changer lorsque le chef de son village est venu recenser les jeunes ayant abandonné l’école afin de leur proposer une formation professionnelle soutenue par le District de Nyarugenge en partenariat avec Caritas Kigali. Cette opportunité allait transformer sa vie.
Entre décembre 2023 et janvier 2024, Yvette a intégré le Centre de Formation Professionnelle de Butamwa (VTC Butamwa), où elle a choisi de se former en soudure, un métier traditionnellement dominé par les hommes. “Depuis toute petite, j’adore la soudure. Quand je passait devant les gens qui font ce métier, je me disait que je serai comme eux une fois grande”, confie Yvette avec un sourire.
Déterminée à réussir, après la formation théorique, elle a accepté un stage sans rémunération afin d’acquérir de l’expérience pratique. Mais sa persévérance a rapidement porté ses fruits. Grâce aux indemnités reçues pendant son stage et aux primes obtenues à l’atelier, elle a commencé à épargner. Avec ses premières économies, elle a acheté un kit de démarrage composé d’une ponceuse, d’une foreuse et d’un poste à souder.
Armée de ces quelques outils et d’une grande volonté de réussir, Yvette a commencé à chercher ses propres contrats. Au début, elle gagnait environ 7.000 Frw par jour. Refusant de céder à la facilité, elle a continué à épargner une partie de ses revenus. Six mois plus tard, ses efforts ont été récompensés. Elle a pu acquérir une deuxième ponceuse ainsi qu’un autre poste à souder, renforçant ainsi les capacités de son atelier. Aujourd’hui, son entreprise dispose de deux ponceuses, deux postes à souder et une foreuse, tous installés dans son atelier situé à Nyamirambo.

Son activité est en pleine croissance. Yvette gagne désormais au moins 15.000 Frw par jour et travaille aussi bien pour des particuliers que pour différents clients ayant besoin de services de soudure. Selon la charge de travail, elle emploie régulièrement deux à trois jeunes, leur offrant ainsi une source de revenus et une expérience professionnelle.
Ses rêves ne s’arrêtent pas là
Au-delà de sa propre réussite, Yvette est devenue un soutien essentiel pour sa famille. Grâce à ses revenus, elle aide sa mère à couvrir les besoins du foyer. Elle continue également à préparer son avenir en épargnant chaque semaine 7.000 Frw dans des groupes d’épargne et de crédit interne. Mais ses ambitions ne s’arrêtent pas là. “Mon rêve est d’acheter une parcelle où je pourrai construire mon propre atelier au lieu de louer. Je souhaite aussi développer mon entreprise et créer davantage d’emplois pour les jeunes”, explique-t-elle.
En parallèle de son atelier, Yvette projette d’ouvrir une quincaillerie afin d’offrir un service complet à sa clientèle. Les clients qui ont besoin de matériaux métalliques et de services de soudure pourront ainsi trouver les deux au même endroit. Elle espère concrétiser ce projet au début de l’année 2028.
Le parcours de Yvette démontre qu’avec une opportunité, une formation adaptée et beaucoup de détermination, même les situations les plus difficiles peuvent être transformées en succès. D’ancienne jeune déscolarisée sans perspective, elle est devenue une entrepreneure qui bâtit son avenir tout en contribuant au développement de sa communauté.

